Once Upon A Line : L’OVNI ludique qui va vous démanger

| Titre | Once Upon A Line : Le Souffle du Papillon |
|---|---|
| Créateurs | Dan THOUVENOT, William AUBERT |
| Illustrateurs | Vincent Lefèvre |
| Éditeur | Perte et Fracas |
| Joueurs | 1 à 4 (top à 1-2. Oubliez d’y jouer à plus !) |
| Âge | Dès 14 ans (bonne estimation) |
| Durée | 2-3h pour finir le scénario / boîte |
| Thème | Fantastique |
| Mécaniques | Coopératif, narratif, jeu à gratter |
| Langue | Française |
| Date de sortie | Décembre 2025 |
🦋 Marre des dés ? Once Upon A Line, un jeu d’enquête bio-punk aux illustrations sublimes où chaque coup de grattoir compte. Un jeu dingue !
Andariel
Andariel, chroniqueuse et rôliste (JDR, GN) queer qui se consacre aux sujets LGBTQ+. Elle travaille actuellement pour plusieurs publications en ligne et s’implique pour valoriser la présence des personnes marginalisées dans l’industrie du jeu.
Once Upon A Line : Le Souffle du Papillon. Quand le ticket à gratter devient une épopée littéraire (et bio-punk !)

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
L’essentiel en 3 points :
- Un concept unique : Le premier jeu narratif basé entièrement sur le grattage intelligent.
- Une direction artistique folle : Des illustrations peintes à tomber qui donnent vie à un univers Bio-Punk grandiose.
- Un système suivi : Recharges disponibles et déjà une extension standalone, Les Larmes de Fond.
C’est l’histoire d’un ticket de loto qui se prenait pour un roman de Tolkien.
Dans notre petite bulle ludique, on croit avoir tout vu. Des cubes en bois, des figurines en plastique, des cartes à drafter… On pense connaître la grammaire du jeu par cœur. Et puis, parfois, un OVNI (ou plutôt un OLNI : Objet Ludique Non Identifié) atterrit sur la table et remet toutes nos certitudes en question.
Once Upon A Line : Le Souffle du Papillon, c’est exactement ça. Oubliez tout ce que vous savez. Ici, on ne lance pas de dés. On ne pose pas d’ouvriers. Ici, mesdames et messieurs, on gratte. Oui, comme au bureau de tabac, mais pour sauver un monde bio-punk post-apocalyptique dominé par des insectes géants. Rien que ça.
Voici notre verdict sur cette petite révolution ludique signée Perte & Fracas.

D’une blague en voiture à une pépite ludique
Tout part d’une amitié de 25 ans entre Dan Thouvenot et William Aubert. Une nuit, sur la route, fatigués après avoir bouclé un projet, l’idée surgit : « Et si on faisait un jeu narratif où il faut creuser ? » De fil en aiguille, « creuser » devient « gratter ».
L’idée aurait pu rester au stade de la blague de fin de soirée. Mais non. Ils l’ont fait. Ils ont transformé le geste le plus trivial du monde (gratter un ticket « Banco ») en une mécanique de déduction et d’exploration fine. Le résultat est un jeu d’auteur, pétri de passion et récompensé bien avant sa sortie.


Un monde où les cafards font la loi (et où c’est beau !)
Bienvenue dans un futur où l’humanité a perdu sa couronne. Après une extinction de masse, la nature a repris ses droits… version XXL. Les fourmis font deux mètres, les papillons projettent des ombres de la taille d’un immeuble sur les ruines de nos cités.


Mais attention, ne vous attendez pas à un visuel grisâtre et terne. La direction artistique est une véritable claque. Sous la houlette de Vincent Lefèvre, les illustrations ne sont pas de simples décors, ce sont des tableaux qui racontent l’histoire. Il suffit de regarder les cartes pour être happé par l’ambiance : ici, une tour de béton éventrée par la végétation s’élance vers un ciel d’azur, vertigineuse.
Là, on pénètre dans des halls de palais majestueux baignés d’une lumière dorée où trônent des symboles d’insectes sacrés. L’atmosphère oscille entre la mélancolie de quais sombres façon bidonvilles aux teintes verdâtres et la grandeur épique de scènes où des guerriers chevauchent des fourmis géantes devant une foule médusée. C’est du « bio-punk » pictural, riche et texturé, qui participe à 50% de l’immersion. On est loin, très loin, du graphisme fonctionnel habituel.


Vous n’êtes pas de simples survivantes dans ce décor grandiose. Vous êtes des Soufflerimes, des entités quasi-divines tissant le destin des héros depuis une dimension supérieure. C’est méta, c’est malin, et ça justifie pourquoi vous flottez au-dessus de la table avec votre grattoir à la main.
Gratter n’est pas jouer au hasard
C’est là que le génie opère. Sur la table trône la Grille du Destin, une carte recouverte d’encre argentée. Vous lisez une carte Histoire : « Une inscription à la base de la statue semble indiquer le temple. »
Votre cerveau se met en marche. Mots-clés potentiels : STATUE, TEMPLE, INSCRIPTION. Vous scannez la grille. Vous cherchez des formes de lettres, des motifs, des indices visuels. Vous posez votre réglette (votre outil d’action) et scritch, scritch, scritch.
Si vous avez vu juste, le mot apparaît. Victoire ! Une nouvelle carte Histoire se débloque. Si vous vous êtes trompé… aïe. Vous perdez du temps, et la Tragédie avance. Car oui, le jeu est piégé. Palindromes, anagrammes, faux-amis visuels… Les auteurs sont des sadiques bienveillants qui jouent avec la langue française et vos nerfs.
Ce n’est pas du hasard. C’est de la déduction tactile.

Mais… c’est du jetable, non ?
La question qui fâche (ou pas). Oui, une fois la grille grattée, c’est fini. C’est un jeu « Legacy destructif », un jeu Kleenex pur jus. Cependant, l’éditeur a tout prévu pour que l’aventure ne soit pas un feu de paille.
D’abord avec des Packs de Recharge : pour le prix d’un sandwich, vous rachetez les grilles vierges pour refaire l’aventure ou la prêter.
Ensuite, parce que l’univers est vaste ! Une autre boîte autonome, baptisée « Les Larmes de Fond« , est d’ores et déjà dispo. Elle propose une toute nouvelle aventure (stand-alone) avec de nouveaux persos et de nouveaux enjeux. C’est la preuve que le système « Once Upon A Line » est un moteur de jeu pérenne et pas juste un « coup » d’un soir.

Once Upon A Line : Le Souffle du Papillon, verdict
Once Upon A Line est une expérience viscérale. Il y a ce petit frisson primaire, cette sensation « haptique » vibrante, vivante et vivifiante de l’encre qui s’effrite pour révéler un secret. C’est un livre dont vous êtes l’héroïne ou le héros, mais où vos doigts sont vos yeux.
C’est beau, c’est poétique, c’est stressant (la poussière argentée sur la table, on en parle ?), mais c’est surtout radicalement nouveau. Si vous cherchez à sortir de votre zone de confort ludique, foncez. C’est un grand oui pour nous.
On a aimé : L’audace du « scritch scritch », la qualité bluffante des illustrations (on veut les posters !) et le fait que la gamme s’étende déjà. Ha et aussi, y jouer à deux ou en solo (un excellent jeu solo, du reste).
On a moins aimé : La poussière argentée (prévoyez l’aspirateur à miettes !), et la lumière nécessaire : ne jouez pas à la bougie sous peine de finir chez l’ophtalmo. Ha et aussi, y jouer à 3-4, c’est pas jojo !
C’est plutôt pour vous si… Vous aimez les Escape Games, les mots fléchés, les histoires dont vous êtes l’héroïne / héros et les expériences coopératives calmes et cozy.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous êtes maniaque de la propreté clinique sur votre table ou vous cherchez de la stratégie pure sans lire une ligne de texte.
Une aventure qui gratte là où ça fait du bien : au creux de l’imaginaire. Et tant pis pour les miettes, c’est le prix de la poussière d’étoiles !
Très, très bon !

⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 4.5 sur 5.
Cet article provient de Gus & Co.
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