La Première ou dernière – L.L. Kloetzer

Le Culture d'Apophis · Apophis ·

Une (autre) réussite !

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 110 de Bifrost. Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Huit mois seulement après le tome inaugural, le cycle Noon du Soleil noir s’est poursuivi avec un nouveau roman, La Première ou Dernière. Un troisième livre, Le Désert des cieux, sortira le 19 juin 2025. Ce tome 2 peut éventuellement se lire de façon indépendante, bien qu’il soit plus logique, pour avoir une meilleure idée des personnages et de l’univers, d’avoir lu Noon du Soleil noir d’abord. Avant de parler de l’intrigue, précisons que si l’influence romaine, mêlée à celle (principalement) de Fritz Leiber était visible dans ce dernier livre, elle l’est encore plus dans ce nouvel opus, même si elle se décale de Rome à Constantinople. En effet, on retrouve l’énorme importance sociale et même politique des courses de chevaux, caractéristique de l’histoire byzantine, jusque dans les noms des « factions » (des « clubs de supporters ») ou de nobles familles de la cité de la Toge noire (on pensera aussi à La Mosaïque Sarantine de Guy Gavriel Kay). Et la guerre civile qui menace est un reflet, bien que de causes légèrement différentes, de la Sédition Nika dans l’Histoire réelle. N’allez toutefois pas croire que l’influence de Fritz Leiber ou celle d’autres grands écrivains d’imaginaire s’efface : l’œil averti captera des références à Issek, Ningauble ou à un avatar de Nyarlathotep.

Revenons-en à l’intrigue : Noon, Yors et leur servante Meg assistent à la grande course, au cours de laquelle le cheval quasi-mythique du cavalier le plus emblématique disparaît de la piste, happé par magie ailleurs. Provoquant ainsi la victoire de l’équipe de la faction jusqu’ici minoritaire. Ce qui serait déjà ennuyeux si la mort subite, probablement due à une malédiction, dudit célèbre cavalier n’empêchait l’Inversion, la passation de pouvoir entre factions, menaçant de faire éclater une guerre civile. Le tout sur fond de mariage princier, l’héritière de la dynastie régnante devant épouser un prince Mingol (peuple leiberien emblématique). Noon mènera l’enquête, tout en devant composer avec un sorcier mort, le maître-mage du palais, une intrigue politique sordide, un assassin, un artefact indicible, et deux royaux personnages qui n’en font qu’à leur tête !

Si ce tome 2 n’est pas significativement moins bon que son excellent prédécesseur, il laisse toutefois une impression différente, celle d’être plus « posé », de plus prendre son temps, sans doute du fait qu’il est un tiers plus long. Les auteurs ont ainsi de la place pour développer leur intrigue et leur cité (et combler quelques vides, comme la nature de la Chose au plafond), se démarquant de Leiber sans le renier. On en découvre plus sur la puissance réelle de Noon (et sur un côté sanguinaire et impitoyable), et Yors, narrateur omniscient pas avare en adresses au lecteur, n’en devient que plus sympathique. Nicolas Fructus, qui avait déjà placé la barre très haut, fait encore mieux, l’ouvrage étant de toute beauté et, de plus, abondamment illustré (avoir réalisé 30 dessins en aussi peu de temps doit être quasiment inédit !), et les Kloetzer nous démontrent une fois encore leur talent de conteur. La Première ou Dernière est donc une réussite, qu’on ne pourra que chaudement recommander !

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des chroniques suivantes : celle de Gromovar, celle de Feydrautha, de Boudicca, de Xapur, de Célinedanaë,

Envie de soutenir l’éditeur et / ou le Culte ?

Si vous souhaitez soutenir l’éditeur, vous pouvez acquérir directement ce recueil sur son site.

Si vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir à la fois le Bélial’ et le Culte, passez par un des liens affiliés suivants pour votre achat, cela ne vous coûte strictement rien de plus !

Acheter en version papier / Kindle

Si vous lisez sur Kindle, vous pouvez également soutenir le blog en vous inscrivant pour un essai gratuit de l’abonnement Kindle, via ce lien, et si vous audiolisez, vous pouvez aider le Culte en essayant gratuitement Audible via ce lien.

Enfin, si vous n’êtes pas client d’Amazon, vous pouvez plus globalement soutenir mon travail en achetant mon livre paru chez Albin Michel Imaginaire sur une très grande variété de plates-formes, que ce soit en version physique ou numérique.

***

Retour à la page d’accueil

Cet article provient de Le Culture d'Apophis.

Lire l'article complet sur Le Culture d'Apophis →

Aucun commentaire