Echoes of Time : L’art du retard

Gus & Co ·
Echoes of Time : L'art du retard
Titre Echoes of Time
Créateurs Simone Luciani, Roberto Pellei
Illustrateurs Giovanni Calore
Éditeur Intrafin
Joueurs 2 à 4 (clairement meilleur à 2-3)
Âge Dès 12 ans (difficilement moins)
Durée 45-60 minutes
Thème Fantasy, temps
Mécaniques Cartes, tempo
Langue Française
Date de sortie Décembre 2025 (en VF)

Marre des jeux où tout est immédiat ? Dans Echoes of Time, la patience est une arme et le timing votre pire ennemi. Prêt pour le défi ?

PEF

PEF, alias Pierre-François pour les intimes. Maître incontesté des jeux de société qui durent une éternité. PEF s’est lancé dans les jeux de stratégie complexes dès qu’il a pu tenir un dé dans ses mains. Ses préférés sont ceux qui nécessitent de bâtir des empires et de comploter contre ses adversaires tout en sirotant une tisane. Devise : « Si le jeu dure moins de deux heures, c’est une pause-café ! »

Echoes of Time : Quand Simone Luciani joue avec nos nerfs (et le temps)

Echoes of Time

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.

L’essentiel en 3 points :

  • Un jeu de cartes hautement stratégique signé Simone Luciani basé sur une mécanique originale de « glissement temporel ».
  • Des parties denses qui récompensent la planif et la création de moteurs de jeu.
  • Une courbe d’apprentissage un peu rude au début mais un grand plaisir une fois maîtrisé.

Dans 99% des jeux, quand on joue une carte, il se passe un truc. Dans Echoes of Time, il ne se passe rien, et c’est tout le génie du truc.

Vous en avez marre d’attendre votre tour dans les jeux de société ? Et si l’attente devenait le cœur même de la stratégie ? C’est le concept un peu fou d’Echoes of Time, la nouvelle sortie 2025 signée Cranio Creations en VO et Intrafin en VF. Aux manettes, on retrouve le maestro Simone Luciani (le cerveau derrière Tzolk’in, Tiletum et Barrage), épaulé par le nouveau venu Roberto Pellei.

Sur le papier, ça vend du rêve : un monde fantastique, quatre factions élémentaires (Océans, Nuit, Forêts, Souterrains) et une mécanique de manipulation temporelle. Mais une fois sur la table, est-ce que ça tourne comme une horloge suisse ou est-ce que ça grippe ? On a remonté le temps pour vous livrer notre verdict.

Une claque rétinienne

Dès l’ouverture de la boîte, on est accueillis par le travail somptueux de Giovanni Calore. Les illustrations sont immersives, colorées, et donnent une vraie personnalité à chaque faction. Ce n’est pas juste du carton, c’est une invitation au voyage.

Echoes of Time matos

Le « tapis roulant » temporel

Oubliez la pose immédiate. Dans Echoes of Time, tout est une question de patience. Le cœur du jeu, c’est votre Plaque du Temps. Imaginez un tapis roulant de 5 cases. Quand vous jouez une carte, elle ne s’active pas tout de suite. Elle part en « salle d’attente ». À chaque tour, le temps avance, les tuiles glissent, et vos cartes se rapprochent de la sortie. Ce n’est qu’une fois éjectées de la piste qu’elles sont « évoquées » et rejoignent enfin votre armée active.

C’est là que le cerveau fume : l’anticipation. « Je joue ce dragon maintenant, mais il n’arrivera que dans 3 tours… Sera-t-il encore utile à ce moment-là ? » C’est brillant, frustrant, et terriblement addictif.

À votre tour, c’est fluide (2 actions parmi 4) :

  • Piocher (toujours utile).
  • Jouer une carte (et commencer l’attente).
  • Avancer le temps (pour les impatients).
  • Conquérir ou Fortifier une Source (la bagarre !).

Zen… et violent

Si vous aimez construire des moteurs de jeu (Engine Building) comme dans Seasons ou Everdell, vous serez en terrain connu. C’est satisfaisant de voir son plan se dérouler à la perfection comme une horlogerie bien huilée.

Mais attention ! Sous ses airs de casse-tête solitaire, le jeu cache des dents acérées. La lutte pour les Sources de pouvoir centrales est féroce. On peut voler une Source à un adversaire, détruire ses plans, et il y a même des cartes « Take That » (attaque directe, prends ça dans tes gencives) qui peuvent faire grincer des dents. Si vous êtes venus pour jardiner tranquille, vous risquez d’être surpris par la méchanceté de vos amis.

Totale éclate

Une mécanique fun

Ce système de « tapis roulant » temporel est fun. Il m’a rappelé un peu Ancient Knowledge dans l’idée du vieillissement des cartes, mais avec une interactivité plus marquée. Réussir à planifier une séquence sur trois tours pour que tout explose en même temps procure un sentiment de puissance assez jouissif (le fameux sentiment de : « Je suis un génie ! »).

Un rythme intense

Annoncé pour 30 à 60 minutes, le jeu tient ses promesses. C’est dense, nerveux, sans temps mort superflu. On est sur du « filler de luxe » pour gamers pressés ou du plat de résistance pour une pause déjeuner mais musclée.

La montée en puissance

Le jeu est un moteur diesel. Les premiers tours sont calmes, on pose ses jalons. Puis, les effets commencent à s’activer, se croiser, et la fin de partie est souvent un feu d’artifice de combos.

Là où ça coince un peu

Le démarrage difficile

Le revers de la médaille, c’est une première partie souvent déroutante. On joue des trucs, il ne se passe rien tout de suite… C’est contre-intuitif. Il faut accepter cette « latence » ludique et câbler son cerveau différemment.

Les pictos

Avec plus de 100 cartes uniques, on passe pas mal de temps le nez dans la règle à déchiffrer des symboles. « Ça veut dire que je gagne un point ou que je détruis l’univers ? ». Ça casse un peu/beaucoup le rythme lors des premières sessions.

La rejouabilité à 4 ?

À quatre, on essore le paquet de cartes. Les combos reviennent vite, et on craint qu’après quelques parties, les stratégies deviennent un peu scriptées. Le jeu tourne davantage à 2 ou 3, où l’incertitude reste plus grande.

Echoes of Time dos

Echoes of Time, verdict

Echoes of Time est une belle réussite. C’est un jeu de combos malin, d’une fluidité exemplaire (30-60 min), qui demande de penser en quatre dimensions. L’aspect « contrôle de territoire » peut sembler un peu plaqué pour certains, mais il apporte une tension bienvenue.

  • On a aimé : Se prendre pour Doctor Strange et manipuler la timeline pour sortir le combo de la mort qui tue.
  • On a moins aimé : Avoir le cerveau qui fume et les yeux qui louchent sur les icônes minuscules à 23h le vendredi soir.
  • C’est plutôt pour vous si… : Vous aimez planter des graines et regarder l’herbe pousser (mais une herbe qui explose à la fin).
  • Ce n’est plutôt pas pour vous si… : Votre stratégie préférée c’est « Je tape d’abord, je réfléchis ensuite ».

Bref, Echoes of Time, c’est le jeu qui prouve que la vengeance est un plat qui se mange froid… ou du moins, trois tours plus tard.

Très bon !






Note : 4 sur 5.

Cet article provient de Gus & Co.

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