Dossiers Criminels + Stranger Things = Match parfait ?

| Titre | Dossiers Criminers Stranger Things |
|---|---|
| Créateurs | Morgan Rauscent, Jules Burghardt et Maxime Perrin |
| Illustrateurs | Zompa Design |
| Éditeur | Plationia Games |
| Joueurs | 1 à 6 |
| Âge | Dès 14 ans |
| Durée | 120 minutes |
| Thème | Horreur, Mystère |
| Mécaniques | Déduction, Coopératif |
| Langue | Française |
| Date de sortie | 17 octobre 2025 |
🚲 Avant la saison 5, enquêtez à Hawkins ! Notre test de Dossiers Criminels Stranger Things : ados, vélos, monstres et énigmes 80’s.
Fred de Gus&Co
Ludinosaure, tombé ado dans la marmite avec Full Métal Planète, Super Gang et Fief. Puis tout s’enchaîne, un master sciences du jeu, ludothécaire, animateur en festivals, gérant d’escape game… Assagi pour cause de paternité. Rêve de retravailler dans le secteur ludique. Contamine encore son entourage de sa passion du jeu.
Dossiers Criminels Stranger Things : L’Ombre de Hawkins. Une enquête avec des ados, des vélos et des monstres dedans

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
L’essentiel en 3 points :
- Matériel soigné et application années 80 immersive pour une enquête à Hawkins réussie avant la nouvelle et dernière saison Netflix.
- Difficulté 2/5 : bien écrit mais assez fléché, parfait pour débutants.
- 30€ pour 2h de jeu one-shot, connexion internet obligatoire.
Le 27 novembre est trop loin ? On a trouvé le portail parfait pour retourner à Hawkins dès maintenant, et il tient dans une pochette cartonnée.
Tic… tac… tic… tac… La saison 5 et le dénouement de la série culte approchent à grands pas de Démogorgon ! Netflix a programmé la sortie des premiers épisodes pour la fin de ce mois, le 27 novembre exactement, pour un final qui s’annonce épique et très, très attendu.
Mais si comme moi, vous êtes Gen X, fan de la première heure, et que vous êtes trop impatients pour attendre le retour d’Eleven et ses amis, pourquoi ne pas vous lancer dans cette déclinaison de l’excellente saga ludique qu’est « Dossiers Criminels » avec « L’Ombre de Hawkins » ? Histoire que vous sachiez si le jeu en vaut la chandelle (enfin, plutôt la dépense), on est partis en éclaireurs pour vous avec nos lampes-torches et nos talkies-walkies… Suivez-nous dans le monde à l’envers (test garanti sans spoilers) !
Un peu de background…

Impossible d’être passé à côté du phénomène Stranger Things… à moins que vous ne viviez dans une caverne sans électricité depuis le confinement parce que vous pensez que la pandémie de Covid-19 n’est pas terminée. Ou que tout ça n’est qu’un complot des Russes qui vont contrôler nos cerveaux par la 5G à cause des vaccins trafiqués avec des nano-puces… Alors qu’en fait, tout le monde sait qu’ils convoitent juste d’ouvrir des portails interdimensionnels pour espionner l’Occident et l’envahir (enfin presque).
Stranger Things, c’est avant tout une incroyable série sortie tout droit de l’imaginaire un peu dingue des frères Duffer en 2014. Écrivains, réalisateurs et fans de cinéma fantastique et d’horreur, ils imaginent une histoire où une mère chercherait désespérément son enfant disparu dans des circonstances plus que mystérieuses. Directement inspirée du film Prisoners avec Hugh Jackman (2013), ils décidèrent d’y ajouter leur touche personnelle avec une ambiance surnaturelle qui file vraiment les pétoches, à la Stephen King.
Afin de rendre hommage au cinéma des années 80 qu’ils affectionnent, ils eurent l’idée d’attribuer les rôles des héros non pas à des adultes, mais à des enfants, clin d’œil supplémentaire au maître de l’horreur (« Ça » et « Stand by Me » pour ne citer qu’eux) mais aussi à des films comme « Les Goonies », « E.T. » ou encore « L’Histoire sans fin ».

Enfin, ils installèrent leur décor dans un contexte d’Amérique de guerre froide, en utilisant notamment la base des expériences étranges (mais authentiques !) menées par le gouvernement américain, à des fins d’espionnage contre les Russes, sur le développement des facultés cérébrales grâce aux caissons d’isolation sensorielle (projet MK-Ultra). Malheureusement, le projet des frères Duffer se heurta aux multiples refus de la plupart des chaînes de télévision…
Il était reproché à leur histoire de mettre en scène des enfants dans un contexte horrifique, ce qui n’était pas vraiment politiquement correct ni très grand public. Malgré les pressions pour changer cet angle d’approche, ils refusèrent et leur bébé finit par arriver sur le bureau des producteurs Shawn Levy et Dan Cohen, puis de Netflix qui, sentant le potentiel énorme, acheta d’emblée l’idée pour une saison entière diffusée en 2016… avec le succès international qu’on connaît. J’en connais qui doivent se mordre les doigts.
Voilà le dossier…

Dossiers Criminels : L’Ombre de Hawkins est le 7ᵉ opus de chez Platonia Games (si on ne compte pas les 3 – excellentes aussi – versions pocket). Comme d’habitude, il s’agit d’une enquête collaborative qui peut se jouer de 1 à 6 dès 14 ans pour une durée d’une à deux heures (comptez plutôt deux).
La grande force de la gamme, c’est l’entrée directement dans l’action : en effet, nul besoin de lire des règles, vous avez dans les mains un dossier avec tous les éléments nécessaires pour mener vos investigations.
Si le tarif est assez conséquent (comptez une trentaine d’euros pour un « one shot », entendez par là que la rejouabilité est quasi nulle), il est à mettre en perspective avec le soin de l’écriture scénaristique et de la conception, et le fait que cela se revend trèèèèès bien. Donc, pour moins cher qu’une place de cinéma, vous allez vivre une histoire incroyable dont vous serez en plus les acteurs… que demande le peuple ?

Et ce qui frappe d’entrée de jeu avec L’Ombre de Hawkins, c’est la qualité du matériel : une très belle pochette noire et rouge cartonnée, épaisse, qui fait très classe. On croirait presque qu’elle nous fredonne le générique de la série avant même de l’avoir ouverte (toudoudoudoum toudoudoudoum toudoudoudoum).
À l’intérieur, l’agréable découverte se poursuit : on sent l’attention toute particulière qui a été portée aux éléments fournis, afin que d’entrée on se sente transporté dans Stranger Things et la petite ville de l’Indiana de Mike, Will, Lucas et Dustin. Sans divulgâcher, vous trouverez des clichés Polaroid, des journaux, une carte de la ville… du moins au début.
Car vous n’êtes pas au bout de vos surprises : en effet, au fur et à mesure que vous progresserez dans l’enquête, vous déverrouillerez des enveloppes contenant d’autres indices, dont certains sont pour le moins… surprenants, et très bien faits. Bref, vous en aurez pour votre argent, le paquet a été mis et rien ne fait « cheap », tout est soigné. Beau boulot Zompa Design. On aime.
Ah oui, petit détail qui a son importance, vous aurez tout de même besoin d’un appareil avec une connexion internet (smartphone, tablette ou ordinateur… non pas de Minitel, poussez pas quand même). En effet, un peu à l’instar d’Unlock, une application en ligne va gérer certaines choses comme vos déplacements, mais aussi certaines résolutions d’énigmes. Là encore, sans spoiler, elle est très bien faite et pour le moins immersive, complètement raccord avec les années 80 !
En résumé, de A à Z, que ce soit au niveau du matériel lui-même ou de la direction artistique, on est servi… Mais est-ce que le moteur est au niveau de la carrosserie ?
Bienvenue à Hawkins

Cette enquête est notée difficulté 2 sur 5, ce qui en fait un scénario plutôt facile, et dans les faits, cela s’est avéré plutôt vrai. Même si, comme dans tous les « Dossiers Criminels », vous êtes un peu abandonnés à vous-mêmes pour tenter de donner du sens à l’amas de pièces à conviction devant vous, il ne sera en général pas trop compliqué de dégager le fil directeur et de le tirer pour remonter la pelote…
Le sentiment de liberté et d’ouverture est toutefois à relativiser : rapidement, on se rend compte qu’il y a un enchaînement des choses quelque peu fléché à suivre, ce qui ne se trouve pas dans les « Dossiers Criminels Pocket » testés avec plaisir par votre serviteur cet été au bord de la piscine avec sa moitié… Il en résulte un certain agacement (passager) de se sentir un peu trop dirigé par moments.
De plus, si vous êtes bloqués, le cerveau comme enfumé par le « dutchie » d’Argyle, eh bien vous pouvez faire appel à l’application qui vous donnera des indices ciblés et graduels.
Je ne saurais que trop vous inciter à ne pas y avoir recours trop rapidement toutefois, tant le tout est bien écrit et s’enchaîne fort logiquement. Donc à moins que vous ne soyez des noobs complets, avec un brin de patience et de réflexion, vous finirez par trouver la solution qui vous échappe peut-être au début. Ce qui vous donnera la satisfaction de lâcher un « Eurêka ! » et de briller et faire figure de Sherlock Holmes auprès de vos proches (wow… t’es trop fort(e) !).
On salue donc le travail de game design et d’écriture, qui est d’une limpidité exemplaire. Absolument rien n’est tiré par les cheveux, ce qui n’est pas toujours le cas dans certains jeux (Unlock, je t’aime d’amour, mais parfois tu abuses un peu).
Les amis ne mentent pas

« Dossiers Criminels : L’Ombre de Hawkins » est donc une expérience on ne peut plus immersive, destinée aux fans de Stranger Things, mais pas que… En effet, nul besoin de connaître l’univers de la célèbrissime série télévisée pour se plonger dans cette histoire. Tout est conçu pour que ce dont vous pouvez avoir besoin afin de résoudre l’affaire soit présent dans le dossier, pas nécessaire d’avoir recours à des connaissances extérieures.
Bien sûr, on a tendance à croire que l’ambiance de jeu sera encore plus agréable si vous parvenez à capter les multiples clins d’œil au monde des frères Duffer, disséminés ça et là, mais ce n’est même pas certain. Vierge de toute référence, vous pourrez ainsi être surpris comme un spectateur découvrant la première saison du show, et qui sait, cela vous donnera-t-il peut-être envie de visionner ce petit bijou de fiction sérielle.
On conseillera toutefois de se lancer dans le jeu à pas trop nombreux : en effet, à l’instar d’un escape game comme Unlock ou Exit, ou des jeux d’enquête comme Suspects, même si jusqu’à 6 joueurs possibles est annoncé, dans les faits, cela risque vite de devenir le bazar autour de la table, encore plus avec l’application qui monopolise parfois l’attention. Entre le danger de la cacophonie et celui de l’effet leader, un maximum de 4 joueurs nous semble plus judicieux. Mais libre à vous de tenter le coup si vous êtes aguerris à ce genre d’exercice coopératif.
Pour finir, bien que l’âge minimum conseillé soit de 14 ans, il ne nous a pas paru vraiment pertinent de s’y limiter. L’équilibre entre épouvante soft et humour (comme dans la série) est tel que même des enfants plus jeunes pourront y trouver leur compte (peut-être pas moins de 10 ans quand même), pour peu que vos têtes blondes soient futées et pas trop impressionnables. Si la mort de la maman de Nemo dans le film éponyme de Disney les a traumatisées, bien sûr, n’y allez pas… à moins que vous ayez envie de vous lever trois fois dans la nuit pour dire que non, l’Upside Down n’existe (probablement ?) pas, et qu’aucun monstre ne va surgir d’une faille pour les emporter.
Dossiers Criminels Stranger Things : L’Ombre de Hawkins, verdict
Alors, « Dossiers Criminels : L’Ombre de Hawkins » est-ce que c’est bien ?
Holy sh**, oui !

On passe un excellent moment à enquêter sur cette disparition mystérieuse, très bien élaborée en respectant l’univers de la série du grand N rouge. L’espace de deux heures, on s’imagine adolescent à vélo, sillonnant les rues et les routes de Hawkins, et pour peu que vous mettiez en toile de fond une playlist des années 80, l’immersion sera totale.
Tout au plus pourra-t-on reprocher (allez, petit coup de griffes de démochien, mais qui ne fait pas mal) une certaine omniprésence de l’application et un certain dirigisme dans l’enchaînement des découvertes dans l’investigation. Cependant, ce serait bouder notre plaisir et fort malvenu de déprécier cet opus de « Dossiers Criminels » pour ces seules raisons. Donc on vous le conseille… vivement !
On aime…
- Le matériel et les visuels au top
- L’histoire haletante et les énigmes bien ficelées
- L’application immersive et bien faite (bienvenue dans les années 80)
On aime moins…
- L’application incontournable (et la dépendance à une connexion internet qu’elle induit)
- Un certain fléchage à suivre et une relative simplicité de résolution de l’enquête
- Le petit couac qu’on a eu (enveloppe B vide, heureusement vite remplacée par le SAV réactif)
C’est fait pour vous si…
- Vous êtes fans de la série et voulez vous replonger dans l’univers avant la saison 5
- Vous êtes un Sherlock en herbe, féru de jeux d’enquête et d’investigation
- Vous aimez avoir (gentiment) les chocottes en jouant
Ce n’est pas fait pour vous si…
- Les jeux à licence vous donnent des pustules
- La rejouabilité est un critère essentiel à vos yeux
- Vous êtes un flagelleur mental (ou Vecna lui-même) et détestez voir des ados appétissants, dont vous auriez bien fait votre quatre-heures, vous échapper
Bref, L’Ombre de Hawkins, c’est comme une saison bonus de Stranger Things qui tient dans votre poche : pas parfait, un poil dirigiste, mais tellement immersif qu’on lui pardonne tout. Et si ça peut vous faire patienter jusqu’au 27 novembre sans faire une crise existentielle, c’est déjà ça de gagné !
Excellent !

⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 5 sur 5.
Cet article provient de Gus & Co.
Lire l'article complet sur Gus & Co →
Aucun commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire.
Se connecter