3 nouveaux jeux Oink Games : Quand le minimalisme devient cruel

| Titre | Wriggle Roulette |
|---|---|
| Créateurs | Bruno Faidutti, Jun Sasaki |
| Illustrateurs | Jun Sasaki |
| Éditeur | Oink Games |
| Joueurs | 2 à 8 |
| Âge | Dès 7 ans |
| Durée | 20 minutes |
| Thème | Serpents |
| Mécaniques | Stop ou encore |
| Langue | Française |
| Date de sortie | Octobre 2025 |
🐷 Ils sont beaux, ils sont petits, mais sont-ils bons ? Verdict sur la nouvelle vague Oink Games. L’un d’eux frôle le génie, les autres… suivez la guide !
Article écrit par Zoé. Quand elle ne court pas après ses deux enfants joueurs, elle enchaîne les parties, les goûters et les fous rires. Elle aime les voyages, les dés qui roulent bien, les règles courtes et les plateaux colorés. Elle déteste ranger les meeples qui se cachent sous le canapé.
Zoé
Wriggle Roulette, Petiquette & Tropichaos : 3 nouveaux Oink Games
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur les trois jeux. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur des jeux. Nous avons acquis et testé les trois jeux de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale des jeux, basée sur notre propre expérience.
L’essentiel en 3 points :
- Wriggle Roulette (3/5) : Une expérience tactile signée Faidutti, drôle et injuste, mais qui s’essouffle vite à cause d’une ergonomie perfectible.
- Tropichaos (3.5/5) : Un mélange audacieux de spéculation et de collection, visuellement sublime mais parfois trop punitif à 5 joueurs.
- Petiquette (4/5) : La pépite du lot ! Un jeu de « connexion mentale » malin qui transforme le conformisme en fous rires.
Ranger un jeu Oink Games, c’est comme faire une valise pour Easyjet : une leçon d’humilité spatiale. Mais qu’en est-il du plaisir de jeu ?
Bonne année 2026, amis ludistes ! Et quoi de mieux pour entamer ce nouveau millésime que de se pencher sur des résolutions que nous ne tiendrons probablement pas ? Comme celle d’arrêter d’acheter des jeux « juste parce que la boîte est jolie ».
Si vous êtes comme nous, vous avez un faible, que dis-je, une faiblesse coupable, pour ces petits rectangles colorés venus du Japon : les jeux Oink Games. Notre chroniqueur Clément vous en a souvent parlé. Rien que le nom évoque le bruit d’un cochon, mais surtout le doux frémissement de notre carte bleue pour des boîtes format poche au design impeccable qui s’alignent si bien dans nos étagères Kallax.
Format pocket, plaisir XXL : La magie Oink Games en trois actes
Mais voilà le drame récurrent avec l’éditeur tokyoïte : c’est toujours sublime, mais est-ce toujours bon ? Entre pépites minimalistes (coucou Scout, coucou Durian) et objets décoratifs au gameplay hasardeux, la frontière est parfois aussi fine qu’une tuile de mahjong.
Pour l’un des premiers grand test de l’année, nous avons passé au crible la nouvelle trilogie qui vient d’atterrir sur nos tables : Wriggle Roulette, Tropichaos et Petiquette. Trois petites boîtes, trois promesses de chaos, et une question : faut-il faire une petite place dans sa ludothèque ou simplement les admirer de loin ?
On décolle pour Tokyo.
Wriggle Roulette : La main dans le sac (et l’angoisse au bout des doigts)

Dans le vaste océan des sorties ludiques, il existe deux vérités immuables qui guident le joueur égaré. La première : une boîte signée Oink Games sera toujours un objet de désir, un rectangle parfait au design si épuré qu’il ferait passer un smartphone pour un objet baroque. La seconde : Bruno Faidutti, notre « archimage » français du jeu, trouvera toujours le moyen d’injecter une dose de chaos délicieux et de fourberie sociale dans ses créations.
Que se passe-t-il quand ces deux mondes entrent en collision ? Quand la rigueur esthétique de Tokyo percute l’anarchie joyeuse des ludothèques parisiennes ? La réponse tient dans une petite boîte cyan et jaune : Wriggle Roulette.
Aujourd’hui, nous ne nous contentons pas de survoler ce titre. Nous allons ouvrir le capot. Nous allons littéralement plonger la main dans le sac. Nous allons voir si ce mélange improbable fonctionne ou si c’est juste un bel objet qui prendra la poussière. Préparez-vous à une plongée en eaux troubles, car nous avons des choses à dire sur ces anguilles et ces serpents.
L’objet Oink Games ? La dictature du « mignon »
Pour comprendre Wriggle Roulette, il faut d’abord regarder l’écrin. Oink Games, ce n’est pas juste un éditeur, c’est une philosophie. Jun Sasaki, son fondateur, a érigé la contrainte spatiale en art de vivre. Ici, pas de boîte remplie à 40% de vide. Le jeu est le matériel.
À l’intérieur ? 68 pièces en bois, un sac en lin et des jetons. C’est le minimalisme poussé à son paroxysme. C’est beau, c’est propre. Mais le diable (ou le serpent) se cache dans les détails. Si les pièces en bois ondulées sont un plaisir tactile absolu, on doit pousser un petit coup de gueule sur les jetons de score (le fameux « Token Gate »). Trop petits, bombés d’un côté, plats de l’autre… un coup de poing sur la table un peu trop enthousiaste, et hop, vos points se retournent. C’est le genre de friction ergonomique qui agace, ce petit caillou dans la chaussure d’un design pourtant si soigné.

Des maths et des sueurs froides
Sur le papier, cette collaboration Faidutti x Sasaki ressemble à une expérience de chimie risquée. Faidutti raconte que l’idée lui est venue de ses vieux cours de maths : ces fameux problèmes de probabilités avec des urnes. « On tire trois boules sans remise… ». Une phrase qui a traumatisé des générations de lycéens est devenue ici un moteur ludique.
Le génie de Sasaki a été de transformer ces statistiques arides en thème viscéral. On ne tire pas des boules, on pêche des anguilles (points) en évitant les serpents (danger). Et le twist ? Ils ont exactement la même forme. Tactilement, la gloire et la mort sont indiscernables. Plonger sa main dans le sac crée une dissonance cognitive savoureuse. Vos doigts cherchent une info qu’ils ne peuvent pas avoir. C’est du bluff sensoriel pur.
L’injustice comme moteur de jeu
Le principe est du « Stop ou Encore » distillé à l’extrême. À votre tour, vous plongez la main, vous sortez 0 à 4 pièces. Mais contrairement à un Can’t Stop où vous jouez seul contre le hasard, ici, le danger est collectif.
Il y a un seuil de tolérance de serpents sur la table (disons 5). Dès que le total des serpents révélés par tous les joueurs dépasse ce seuil… BOUM. C’est l’Épidémie. Et la sanction est d’une perversité exquise : ce n’est pas forcément le joueur actif qui perd tout. C’est celui qui a été le plus gourmand (le plus de pièces en main) qui se fait punir. Vous pouvez très bien faire exploser la table avec un seul serpent, et regarder votre voisin, qui en avait accumulé trois, tout perdre pendant que vous vous en sortez indemne. C’est cruel. C’est injuste. C’est drôle.
Wriggle Roulette, verdict
Ou : Une friandise, pas un festin.
Alors, Wriggle Roulette est-il le chef-d’œuvre attendu ? Pas tout à fait. C’est une machine à Schadenfreude (le plaisir du malheur d’autrui). C’est drôle, immédiat, viscéral. Mais le chaos a un prix. Parfois, vous ne jouez pas. Si la poisse s’acharne ou si vos voisins déclenchent les épidémies avant vous, vous êtes spectateur. Le contrôle est illusoire, et la rejouabilité s’essouffle une fois la surprise tactile passée.
C’est un excellent « filler », un jeu d’apéro parfait pour combler 20 minutes. Mais il lui manque ce petit supplément d’âme stratégique qu’on trouve dans un Scout ou la tension dramatique constante d’un Diamant. C’est bon, c’est frais, mais ça ne cale pas.
On a aimé : Le frisson tactile de la main dans le sac et voir le leader se faire « punir » par le karma (et les serpents).
On a moins aimé : Les jetons de score qui font de la gymnastique non désirée et le manque de maîtrise sur certaines parties.
C’est plutôt pour vous si… Vous cherchez un jeu d’apéro qui s’explique en 30 secondes et que vous aimez voir vos amis transpirer.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous êtes allergique au hasard pur ou si vous avez besoin de maîtriser votre destin de A à Z.
Wriggle Roulette, c’est comme les sushis de la station-service : c’est joli, c’est japonais, mais la prise de risque est réelle !
Sympathique.
⭐⭐⭐
Note : 3 sur 5.
Wriggle Roulette chez Philibert
Tropichaos : Quand la salade de fruits tourne à la roulette russe (et on en redemande)

C’est une loi immuable de l’univers ludique : si ça tient dans une boîte minuscule, que c’est rose fuchsia et que ça vient de Tokyo, c’est du Oink Games. Et si c’est du Oink Games, vous allez souffrir. Mais avec le sourire.
Sorti des cartons à l’automne 2025, Tropichaos débarque avec une promesse qui fleure bon le smoothie en plein dérèglement climatique. Oubliez la gestion agricole paisible à la Agricola. Ici, l’hiver a disparu, le printemps s’éternise (ou pas), et vous êtes un marchand de fruits opportuniste au bord de la crise de nerfs.
Après avoir poncé Scout jusqu’à l’usure et retenu notre respiration sur Deep Sea Adventure, nous avons plongé les mains dans ce sac de fruits fluo. Alors, pépite stratégique ou simple chaos fruité ? Voici notre analyse complète, passionnée et sans pépins.
L’école du « petit mais costaud »
Chez Oink Games, on a une philosophie : la contrainte crée le génie. Tout doit tenir dans cette boîte emblématique format « double paquet de cartes ». Avec Tropichaos, l’auteur Goro Sasaki (déjà coupable de A Fake Artist Goes to New York) tente le grand écart : marier la collection de sets (set collection) et la spéculation boursière, le tout piloté par un hasard assumé.
Visuellement, c’est la claque habituelle. Le style « Pop-Art » fruitier sature la rétine : kiwis vert électrique, mangues orange solaire, grenades rouge sang. Les jetons épais produisent ce petit « clac » satisfaisant qu’on aime tant. C’est beau, c’est propre, c’est du design japonais qui donne envie de croquer dedans.

Acheter, vendre, paniquer
Les règles s’expliquent en trois minutes chrono, mais la tension, elle, est immédiate. À votre tour, le dilemme est binaire : Acheter ou Vendre. Simple ? C’est mal connaître l’animal.
1. Acheter : La main dans le sac (de nœuds)
Vous prenez un fruit au marché (une rivière de 3 tuiles). Facile. Sauf que vous devez combler le vide en piochant dans le sac. Et c’est là que le vice caché apparaît : si, après votre pioche, les 3 fruits du marché sont identiques, c’est le krach ! Vous prenez une pénalité immédiate (-1 point) et devez sacrifier un de vos propres fruits. C’est du « Stop-ou-Encore » inversé : ce n’est pas votre audace qui est punie, mais celle que le hasard (ou le joueur précédent) vous impose. Une mécanique de « patate chaude » aussi cruelle que jubilatoire.
2. Vendre : Le coup de génie mathématique
C’est ici que le jeu gagne ses galons stratégiques. Vous ne vendez pas n’importe comment :
- Vous avez un nombre IMPAIR de fruits (1, 3, 5) ? Vous devez TOUT vendre. Liquidation totale, même si le prix est naze.
- Vous avez un nombre PAIR (2, 4) ? Le luxe s’offre à vous : vous pouvez vendre tout OU n’en vendre que la moitié.
Cette règle du Pair/Impair est brillante. Elle vous force à une gymnastique mentale constante : « Je vends mes 3 mangues maintenant à perte pour faire de la place, ou je tente d’en choper une 4ème pour garder le contrôle ? ». Sachant que votre main est limitée à 5 fruits, la saturation arrive très vite.
Météo capricieuse et fin du monde
Le jeu simule un climat devenu fou. Il n’y a pas de tours fixes, mais des jetons Saison cachés dans le sac. Dès qu’un soleil sort, la saison change immédiatement (Printemps > Été > Automne). La valeur des fruits fluctue violemment : la Grenade ne vaut rien au printemps mais explose les scores en automne.
L’angoisse est permanente. Vous stockez des grenades en attendant l’automne ? Pas de bol, trois soleils sortent coup sur coup et la partie s’arrête (l’hiver n’existe pas, c’est le « Game Over » brutal). Les planificateurs finissent en PLS, les opportunistes aux anges.
Tropichaos, verdict
Soyons honnêtes : Tropichaos est une expérience clivante.
C’est une friandise ludique. C’est nerveux, tactique, et la mécanique de vente apporte une vraie profondeur. On surveille le sac, on compte les saisons, on sue à grosses gouttes. C’est le « filler » parfait pour chauffer une salle.
Oui mais, le mot « Chaos » n’est pas là pour faire joli. Le hasard est roi, parfois tyrannique. Se prendre une pénalité inévitable juste parce qu’on a pioché la mauvaise tuile peut frustrer. À 5 joueurs, le jeu devient totalement incontrôlable. Contrairement à Scout où l’on dompte le désordre, ici, on le subit souvent.
Tropichaos n’est pas le chef-d’œuvre absolu de l’éditeur, mais c’est un titre solide, magnifique et méchant. Une salade de fruits aussi fraîche que cruelle, qui prouve qu’il ne faut jamais ramener sa fraise quand on n’a pas compté ses kiwis.
On a aimé : Le matériel « néon » à croquer, la tension permanente de la pioche, et cette règle géniale du « je vends tout ou la moitié » selon la parité.
On a moins aimé : Se prendre une pénalité juste parce qu’on a pioché le mauvais jeton (injuste !), et le chaos total à 5 joueurs où l’on subit plus qu’on ne joue.
C’est plutôt pour vous si… Vous cherchez un jeu apéro sublime, rapide, et que vous savez rire de votre propre malchance.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous êtes allergique au hasard et que pour vous, « gestion de ressources » doit rimer avec « contrôle absolu ».
Une petite salade de fruits aussi fraîche que cruelle, qui prouve qu’il ne faut jamais ramener sa fraise quand on n’a pas compté ses kiwis.
Pas mal !
⭐⭐⭐⭐
Note : 3.5 sur 5.
Petiquette : Le jeu où avoir raison tout seul, c’est avoir tort

Vous connaissez cette sensation étrange, en soirée, quand vous sortez une blague que vous trouvez hilarante et que… personne ne rit ? Un grand moment de solitude, n’est-ce pas ? Eh bien, Petiquette, le dernier né de chez Oink Games, c’est exactement ça, mais en boîte. Et croyez-nous, c’est bien plus drôle (et cruel) qu’il n’y paraît.
Dans le monde merveilleux du jeu de société, il y a ceux qui empilent des figurines en plastique et ceux, comme Oink Games, qui font tenir des univers entiers dans une boîte de la taille d’un paquet de mouchoirs. Fidèles à leur réputation d’orfèvres du minimalisme japonais, ils reviennent ce printemps 2025 avec Petiquette, un petit OVNI ludique signé Thomas Sellner et illustré par le talentueux Hisanori Hiraoka.
On a testé pour vous cet exercice de « télépathie de groupe » où des chiens, des chats et des canards à chapeaux vont mettre à rude épreuve votre connexion avec vos partenaires de jeu.
Kuuki wo yomu, l’art de « lire l’air »
Au Japon, il existe une expression, Kuuki wo yomu, qui signifie littéralement « lire l’air ». C’est la capacité à comprendre le non-dit, à saisir l’ambiance et à s’aligner sur le groupe. Petiquette est l’incarnation ludique de ce concept.
Le pitch ? Sur la table, une ligne de 5 cartes s’étale. Dessus, des animaux (chiens, chats, oiseaux), des accessoires (chapeaux, bérets, casquettes) et des numéros (1 à 5). C’est le chaos ? Non, c’est une suite. Enfin, c’est une suite si vous décidez que c’en est une. Votre mission : deviner quelle serait la 6ème carte « logique ».
Sauf qu’ici, la logique cartésienne, on s’en fiche royalement.
Le concours de beauté (ou de conformisme)
La mécanique est aussi brillante que perverse. Chacun sélectionne secrètement sa carte idéale grâce à une petite roue (le matériel est, comme toujours chez Oink, topissime).
- Vous voyez une suite mathématique 1, 2, 3… ? Vous jouez le 4.
- Vous voyez une alternance de couleurs Rouge/Bleu ? Vous jouez Rouge.
- Vous voyez juste que les chiens sont mignons ? Vous jouez Chien.
Mais attention : vous ne marquez des points que si vous choisissez la même chose que quelqu’un d’autre.
C’est là que le jeu devient savoureux. C’est ce que les économistes appellent le « Concours de beauté de Keynes ». On ne cherche pas la vraie réponse, on cherche la réponse que les autres vont trouver. Il faut penser ce que les autres pensent que vous pensez. Vous avez mal à la tête ? C’est normal. C’est bon signe.

Entre fous rires et débats de mauvaise foi
Chez Gus&Co, on a adoré l’ambiance que le jeu installe instantanément. La phase de révélation est un générateur automatique d’émotions. Il y a cette euphorie quand vous et votre voisin révélez le même « Canard à monocle n°3 ». « Mais oui ! C’était évident ! ». Une connexion mentale s’opère, on se sent compris, on se sent intelligent ensemble.
Et puis, il y a l’autre versant. Celui où vous sortez fièrement votre carte, basé sur une suite de Fibonacci complexe, et que tout le reste de la table a joué « Chat » parce que « bah y’avait deux chats avant, c’est joli ». Là, vous aurez envie de renverser la table (mais la boîte est petite, ça ferait moins d’effet).
Un matériel qui a du chien
On ne peut pas parler d’un jeu Oink Games sans s’attarder sur le design. Petiquette est beau. Épuré, lisible, avec ces couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) qui claquent sur la table. Les illustrations d’Hiraoka donnent un côté dandy décalé à ces animaux anthropomorphes qui allège immédiatement l’atmosphère. Même quand on perd, on perd avec classe.
Petiquette, verdict
Petiquette n’est pas un jeu de stratégie profonde. Si vous cherchez du contrôle absolu, fuyez, vous allez faire une syncope. C’est un jeu d’empathie, un filler intelligent qui agit comme un révélateur social.
Il transforme une simple reconnaissance de motifs en une expérience humaine. On apprend à connaître la logique de ses amis (ou leur absence de logique). C’est fluide, rapide (20 minutes), jouable de 2 à 6 (même si c’est bien meilleur à 4 ou 5), et ça tient dans la poche.
Oink Games prouve encore une fois qu’on n’a pas besoin de règles de 50 pages pour créer de grands moments. Parfois, il suffit juste d’essayer de deviner la couleur du chapeau d’un canard.
On a aimé : Le matériel irréprochable et compact (la « Oink touch »), les discussions lunaires qui suivent chaque révélation de cartes, et le sentiment grisant d’être sur la même longueur d’onde que son partenaire.
On a moins aimé : La frustration intense pour les esprits trop cartésiens (coucou les ingénieurs !), et à deux, le mode compétitif tombe un peu à plat
C’est plutôt pour vous si… Vous aimez les jeux rapides, portables et beaux, vous voulez savoir si vos amis pensent comme vous, et si vous aimez The Mind, Take Time ou Concept mais vous voulez plus de fun.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Pour vous, la logique est une science exacte qui ne souffre aucune subjectivité, et vous détestez perdre sur un « malentendu ».
Petiquette nous rappelle qu’en société, la vérité est souvent moins importante que le consensus… surtout quand il s’agit de mettre un béret sur un canard !
Très bon !
⭐⭐⭐⭐
Note : 4 sur 5.
Alors, tout est bon dans le cochon ?
Comme souvent avec l’éditeur japonais, on ressort de l’expérience avec les rétines flattées et le cœur partagé. C’est le paradoxe Oink Games : on pardonne beaucoup à ces objets parce qu’ils ont l’élégance de ne pas encombrer nos ludothèques et la politesse d’être visuellement irréprochables (même si refermer la boîte relève parfois du Tetris niveau expert).
Si nous devions établir le podium de cette « Trilogie de Tokyo », la médaille d’or revient sans conteste à Petiquette. C’est la preuve qu’avec trois fois rien (des animaux et des chapeaux), on peut créer une vraie dynamique sociale, drôle et intelligente. Tropichaos s’empare de l’argent pour son audace et son matériel « néon » à tomber, malgré une méchanceté parfois gratuite qui fera grincer les dents des calculateurs. Quant à Wriggle Roulette, il ferme la marche : une curiosité tactile amusante le temps d’un café, mais qui manque de ce petit « je-ne-sais-quoi » (ou plutôt de ce umami) qui fait les grands jeux.
Au final, Oink Games reste fidèle à sa ligne : des jeux qui sont autant des accessoires de mode que des défis ludiques. Et vous, allez-vous craquer pour le frisson de l’anguille, la bourse aux fruits ou la mode des canards ?
Dites-nous en commentaire quel est votre Oink préféré de tous les temps (et si vous répondez Deep Sea Adventure, on saura que vous aimez souffrir en apnée 😉).
Cet article provient de Gus & Co.
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